vendredi 28 décembre 2007

L'Homme-Arbre


L'Homme-Arbre est un chêne un peu particulier: des bras, des jambes, un visage, une facilité dans les domaines artistiques et intellectuels (ébénisterie, jeux d'échecs, guitare) et une vie sociale digne de n'importe quel être humain...
Il a pour ami Eliaou (vieil érudit juif) et son Golem, à la réflexion assez limitée mais à la force physique et à la fidélité exemplaires.
Pour sauver le plus vieil arbre de la forêt, pilier de la planète, l'Homme-Arbre va lutter avec ses amis contre les Alitvaraï, peuple entièrement dévoué à son roi.

Sfar écrit de façon particulière: on a souvent l'impression d'entendre parler un enfant peu soucieux d'être poli.Cependant des pépites de vocabulaire émaillent le texte, et lui donnent un cachet que n'ont pas la plupart des romans destinés à la jeunesse.
Par ce système, Sfar adresse un roman bien construit et surtout pas rébarbatif aux pré-ados, une histoire plaisante, richement rehaussée par ses aquarelles, que l'on peut donc lire ou regarder.
Sfar est un homme prolixe: scénariste, dessinateur, illustrateur, éditeur, joueur de ukulélé, et enfin (?) auteur de romans pour la jeunesse... la liste de ses ouvrages est impressionnante: après avoir essayé rapidement de les compter, j'ai laissé tomber, je préfère vous donner l'adresse du site officiel de cet "homme-orchestre": www.pastis.org/joann.
On ne peut que regretter l'irrégularité des mises à jour mais l'essentiel est là: la liste (exhaustive?) de son œuvre...


-Madame-

(dès 11 ans)
de Joann Sfar
éd. Denoël Graphic
2004

jeudi 27 décembre 2007

Un homme

C'est l'histoire d'un homme, ancien publicitaire, vieux et malade, qui revit ses dernières années, et se remémore les moments importants qui ont jalonné sa vie.
Entouré de ses parents et de son frère modèle, il a eu une enfance heureuse, une adolescence faite de découvertes et de peurs, un parcours actif et bien rempli. Plusieurs femmes ont partagé son existence, plus différentes les unes que les autres. Tout irait bien si ses dernières années n'avaient pas été ponctuées de plusieurs opérations médicales qui l'ont rendu peu à peu vulnérable. Ces bouleversements l'ont poussé à se poser bon nombre de questions. Il se livre alors à une sorte de bilan, de compte-rendu final.
Ce n'est pas un roman drôle, loin de là. Le personnage central est empli de nostalgie, de craintes, d'angoisses. On l'accompagne et on approche une vie, avec tout ce que ça comporte: psychologie, amour(s), environnement familial riche, amis, loisirs...
Un homme de Philip Roth est un texte court, rapide à lire qui vous laisse une envie, la dernière page tournée, celle de lire d'autres livres de l'auteur... si ce n'est déjà fait.

-Madame-

de Philip Roth
éd. Gallimard
2007

mercredi 26 décembre 2007

Paris 15e arrondissement 1900-1940


Voilà un ouvrage de cartes postales anciennes comme il en existe des centaines pour toutes les communes de France. Celui-ci a la particularité d'être conséquent et de présenter de nombreuses photos "inédites". On ne pourra que constater à quel point les promoteurs et nos dirigeants ont saccagé le petit patrimoine de notre arrondissement. Sans faire de passéisme (je ne parlerai pas des conditions de vie), il suffit de comparer certaines vues et de se demander ce qui est le plus agréable pour l'humeur et l'esprit: des barres de verre et de mauvais béton dans des rues sonores et sans respiration ou ce mélange iconoclaste de vides et de pleins, d'immeubles et de maisonnettes, d'usines-cathédrales et de folies exubérantes à la gloire des premiers bétons. Loin de moi de glorifier les pastiches et les "rehauts" d'immeubles dont se parent notre époque mais je pense qu'un individu ne peut se construire sans Histoire. Même si cet arrondissement a toujours fait table rase de son passé paysan et ouvrier au profit d'entrepreneurs et d'industriels avides de revenus (le phénomène n'est pas nouveau), je constate que les démolitions, destructions continuent. Les dernières "dents creuses" sont systématiquement bouchées. Les élus font peu de cas du patrimoine. Les architectes se font souvent plaisir au détriment de l'habitant ou sombrent dans une médiocre facilité. Seule satisfaction, les constructions nouvelles ne sont conçues que pour durer trente ans... on ne peut qu'espérer un sursaut. Les mutations futures qui accompagneront notre "village" apporteront peut-être un peu de fraîcheur et d'aération, un respect du passé qui n'empêchera pas l'audace ni le panache! Quoiqu'il en soit la roue continuera de tourner et moi d'avoir la nostalgie...

-Monsieur-

de René Minoli
aux éditions Parimagine
2007

vendredi 21 décembre 2007

Pause Lecture

Sasmira: L'appel (tome1)


Laurent Vicomte nous entraîne dans une étrange histoire:

Une bague donnée à Stan par une inconnue mourante va l'envoyer, par delà les frontières du temps, au tout début du 20e siècle.
Accompagné de Bertille, son amie, Stan va enquêter et s'apercevoir que la veille femme ne l'a pas choisi au hasard...
Jeux de regards, jolies femmes mystérieuses, vêtements somptueux et riches parures, ce scénario qui nous rappelle « Balade au bout du Monde » donne à Vicomte une belle occasion d'exercer ses talents d'illustrateur pour nous faire rêver, pour nous immerger dans un autre monde.
On ne s'ennuie pas au fil de ces pages: j'ai adoré regarder en détail les illustrations; me replonger dans cet album, prendre le temps de le relire me procure chaque fois un grand plaisir.

Un point négatif toutefois: depuis sa sortie les lecteurs de Sasmira attendent le deuxième tome, veulent voir où Laurent Vicomte envisage de les emmener. Mais le désir s'émousse, on commence à douter de la parution d'une suite. Pour nous permettre de patienter les éditions Daniel Maghen ont publié un recueil magnifique et luxueux, « Virages », consacré à l'oeuvre de l'auteur. Ce livre est à découvrir lui aussi, incontournable!


-Madame-


de Laurent Vicomte
éd. Les Humanoïdes Associés
1998

jeudi 20 décembre 2007

le Livre de la guerre de cent ans


Voilà un livre remarquable, à la hauteur de l'attente (la sortie ayant été maintes fois repoussée). Gus Bofa (1883-1968) nous présente le conflit de 14-18 à travers la guerre de cent ans. Il réussit le tour de force de rester amusant et bon enfant sous des côtés amers et désabusés. Son coup de crayon y est pour beaucoup. Les trognes et les allures de ses personnages ont des aspects débonnaires et rustiques. C'est le cinéma des années vingts auquel on est convié: des caractères marqués mais toujours réalistes.
Aux amateurs de l'auteur qui s'étonneront de la mise en couleur, je conseillerai de lire le texte en ligne sur le blog de l'éditeur et publié à la fin de l'ouvrage. Il y est expliqué le choix cornélien auquel l'éditeur a été confronté et l'histoire chaotique du livre.
Nous ne pouvons d'ailleurs que féliciter les éditions Cornélius pour la qualité de leur travail, leur passion, leur acharnement à fabriquer du bel ouvrage, les remercier aussi de nous faire découvrir l'œuvre de Gus Bofa (Malaises, Slogans...). Je ne peux m'empêcher dans la foulée de vous indiquer un passage de leur blog révélateur de leur exigence: c'est affligeant pour les "grands éditeurs" cités.
Pour en revenir à nos moutons comme dirait Jehanne la pucelle, précisons qu'un court texte de Mac Orlan (proche de l'esprit fantaisiste des chansonniers) et quelques inédits de Gus Bofa viennent clore ce livre de la Guerre de cent ans. En conclusion, je vous dirais bien d'en acheter deux, un pour vous, un pour offrir. Il paraît que c'est de saison.

-Monsieur-

de Gus Bofa (le site officiel est à visiter sans façon)
accompagné d'un texte de Pierre Mac Orlan
aux éditions Cornélius
2007

mercredi 19 décembre 2007

Dialogue entre un prêtre et un moribond


C'est un texte très court que publie l'éditeur engagé (enragé?) du Chien Rouge. L'on y découvre que Sade est un grand philosophe libertin (au sens de liberté) trop souvent enfermé dans une image sulfureuse.
Le moribond entame un dialogue impossible avec un prêtre venu le confesser. Les réparties du moribond sont souvent justes, provocatrices et parfois excessives. Les hésitations du prêtre sont réjouissantes. C'est d'une modernité, d'une actualité (d)étonnante. Chacun campe sur ses positions. Est-ce que le dialogue pourra faire avancer les choses, évoluer les mentalités, convertir à une idée ou une autre? Qui sait? Comme le laisse supposer la note de conclusion la chair est faible et l'abandon inévitable, salvateur.
Ce qui est plaisant au bout du compte, c'est l'intelligence de l'opposition et le courage du discours. Sade a payé le prix fort; des personnes continuent de payer de leur vie leur indépendance face à l'obscurantisme; il ne faut pas l'oublier.
Soulignons que l'éditeur met en exergue deux brèves analyses écrites par Gilles Lucas et Jean-Roch Siebauer qui apportent un éclairage complémentaire au texte de Sade. Bien sûr le dialogue du marquis accompagné d'analyses est disponible sur de nombreux sites internet mais il serait dommage de se priver des dessins de Rémi Verbraeken qui illustre on ne peut plus clairement les turpitudes et le travail de l'esprit (la nature?) sur les chairs noueuses des deux personnages de l'histoire.

-Monsieur-

de D.A.F. Sade
accompagné des textes de Gilles Lucas et de Jean-Roch Siebauer
illustations (réservées aux grandes personnes) de Rémi Verbraeken dit Rémi
aux éditions du Chien Rouge
2007

mardi 18 décembre 2007

L'infortunée


Trouvé bébé par le "Jeune Lord Loveall" sur un tas d'ordure, le futur Lord Rose sera élevé comme une fille par son père adoptif.
Celui-ci, faible et naïf, est l'héritier d'une des plus grosses fortunes de l'Angleterre du début du 19e, et ne quitte pour ainsi dire jamais son immense palais. Sa soeur adorée, décédée très jeune en tombant d'un arbre, a laissé un vide terrible dans le coeur de son frère, qui voit en l'apparition du bébé trouvé un moyen de combler ce manque.
Il entourera la petite Rose de tout l'amour possible, comblera tout ses désirs, lui offrira l'enfance dont toutes les petites filles rêveraient...
Mais l'adolescence sera pour la jeune fille une source d'interrogations, et la découverte de son véritable sexe la cause d'une quête d'identité douloureuse.
Les fréquentes références à la mythologie grecque et les nombreux rebondissements comblent les lecteurs jusqu'à l'annexe surprenante, dernier clin d'oeil vers notre siècle.
Il en ressort une lecture véritablement agréable!

-Madame-

de Westley Stace
éd. Flammarion
2006

lundi 17 décembre 2007

Les souris I, II, III


Cette histoire se déroule dans le royaume des rêves. Ces trois albums sont construits comme des bandes dessinées sans parole, délicieusement limpides et poétiques. Après quelques lignes d'introduction, on se laisse bercer par cette succession d'images à la composition géométrique quasi glaciale. On s'attend à une partition classique d'une grande maîtrise quand déboule tout un peuple de souris, crocodiles, éléphants et requins... on est emporté dans un tourbillon étourdissant, un délire extravagant d'animaux et de pantins miniatures. Nous voilà plongés au cœur d'une course contre le temps, d'une frénésie musicale derrière laquelle il y a l'angoisse... et soudain le réveil!
On reste abasourdi en refermant ces livres; paradoxalement assourdi par toutes les musiques, les cris, les tintements que l'on perçoit dans l'absence de bulles; étonnamment ébloui par cette débauche de couleurs ressentie dans une quasi bichromie des pages; du grand Art!
Pierre Clément est architecte, dessinateur. Il a composé des dessins animés, travaillé pour la publicité et œuvre pour le monde du Tralalah. Je vous invite d'ailleurs à vous rendre sur ce site pour (re)découvrir son univers et vous attarder sur ses images. Goûtez le temps qui passe, égarez-vous, en un mot profitez...

-Monsieur-

de Pierre Clément
aux éditions Méphistopoulos
1992/1993

jeudi 13 décembre 2007

Le sourire étrusque


Le vieux Salvatore est malade.
Son fils le fait venir chez lui à Milan pour faire soigner son cancer.
Être coincé dans cette grande ville froide ne convient pas du tout au vieux calabrais, à qui la chaleur de sa terre et l'amitié des vieux du village manquent terriblement.
En arrivant dans la cité du Nord de l'Italie Salvatore fait la connaissance de Bruno, son petit-fils âgé de quelques mois.
Et la joie de vivre renaît.
L'amour qu'il voue au petit Bruno va transformer la fin de sa vie. Il va en faire son complice, lui raconter sa vie, lui donner un maximum d'outils pour grandir dans la bonne direction (la sienne), et grâce à lui rencontrer d'autres personnes de valeur.
On croirait presque entendre la voix éraillée du paysan au travers des phrases savoureuses qui émaillent ce roman.
Lecture-plaisir, ce texte est de ceux qui appellent des émotions, qui laissent un beau souvenir et restent longtemps en mémoire.

-Madame-

de José Luis Sampedro
éd. Métailié
2004

mardi 11 décembre 2007

L'édition sans éditeurs

Le monde du livre a longtemps été préservé des outrances de l'économie. Soumis depuis des lustres aux règles d'un marché à part, il ronronnait malgré les mises en garde en provenance des États-Unis: peut-être par orgueil (sûr d'être protégé par son statut culturel), peut-être par manque de volonté et de vision d'avenir. Nul n'est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. En effet, dès 1999, André Schiffrin, éditeur démissionnaire de Pantheon Books aux États-Unis, dénonce dans un livre très bref les problèmes que pose la concentration économique au sein de l'édition. Il renouvelle son essai cinq ans plus tard avec "Le Contrôle de la Parole". Il commence à trouver un écho en France, une oreille attentive et inquiète mais il est trop tard. En dix ans, le monde du livre aura été bouleversé (de l'imprimerie à la librairie en passant par les transporteurs et les éditeurs). Désormais, les gros groupes (amas de superstructures) contrôlent toute la chaîne du livre. Malgré l'apparition de nombreux éditeurs (comme les rejets d'un orme empoisonné par la graphiose), la visibilité n'est pas celle du plus grand nombre, de la "diversité" pour reprendre un terme à la mode. Tout le monde connaît le danger de la parole unique et les conséquences qui en découlent. André Schiffrin continue de batailler (voir l'article en date d'octobre 2007 dans le Monde Diplomatique), ses textes sont devenus des classiques incontournables pour tous ceux qui considèrent que le livre n'est pas un produit. Et la vie continue...

-Monsieur-

D'André Schiffrin
aux éditions de la Fabrique
1999

lundi 10 décembre 2007

Putain d'usine



Jean-Pierre Levaray est ouvrier salarié, il raconte un quotidien, le sien, le nôtre. Tout y passe l'ennui, l'alcool, la fatigue, l'arrogance des dirigeants et la dévalorisation des êtres. Il n'y a pas de haine, simplement un constat, un profond sentiment d'injustice assourdi par l'angoisse du lendemain. On y suit avec désespoir des hommes rendus impuissants, démolis dans leurs chairs. Dans ce monde abrutissant, l'Homme a perdu ses rêves.
"Tout ça est d'un classique. Tragique."
Tragique comme les situations que Jean-Pierre Levaray décrit avec beaucoup de pudeur et d'humanité. Pourtant, il ne triche pas, il y a des scènes difficiles qu'Efix, le dessinateur, adoucit par de très beaux décors et des personnages tout à la fois souples et expressifs. Efix s'est surpassé et atténue bien des passages du livre originel.
L'association de Efix et de Jean-Pierre Levaray renouvelle le genre de la littérature ouvrière et militante. Et si ça ne console pas, ça fait du bien de savoir qu'on n'est pas seul à être enfermé dans la médiocrité d'une vie de peu, de se serrer les coudes. Qui sait, peut-être un jour, la colère enfouie donnera des fruits superbes, si nous avons encore la force...

-Monsieur-

De Efix et de Levaray
aux éditions Petit à Petit
2007
Bd en ligne à l'adresse suivante: http://www.sceneario.com/dossiers/usine/putaindusine
un lien pour voir le documentaire "Putain d'Usine" de Rémy Ricordeau et Alain Pitten pour FR3 Normandie:
doc. France 3 (1/3)
doc. France 3 (2/3)
doc. France 3 (3/3)
Le texte original de Jean-Pierre Levaray est disponible aux éditions de l'Insomniaque et en poche aux éditons Agone.

vendredi 7 décembre 2007

Pause Lecture

Le Dernier Chasseur de sorcières

Au 17e siècle, une jeune fille, Jennet, va tout tenter pour faire disculper sa tante Isobel accusée de sorcellerie. Celle-ci a deux torts:
1/ vouloir expliquer par la science des phénomènes naturels jusqu'alors mystérieux.
2/ être née femme, donc vouée à ne pas être un interlocuteur sérieux pour les érudits de l'époque.
La jeune fille a elle aussi un environnement défavorable à son dessein: son père et son frère sont d'acharnés chasseurs de sorcières: leur charge est de les dénicher et de les faire punir. Le massacre des prétendues sorcières de Salem est la fierté de cette caste puritaine et malfaisante.
Après avoir essayé en vain de faire venir de grands scientifiques comme Newton au procès d'Isobel, Jennet décide de poursuivre inlassablement l'oeuvre de sa tante qui l'a initiée aux sciences. Son but est de:
-prouver que la sorcellerie n'existe pas.
-faire interdire le meurtre de ces femmes accusées, par des délations calomnieuses, de fricoter avec Satan.
-laisser entendre au monde la raison en utilisant la science qui éloigne le spectre du Mal et rétablit la lumière sur de simples phénomènes naturels.

J'ai essayé de résumer au mieux l'intrigue de ce roman captivant.
Parlons maintenant de l'ambiance: quand je replonge dans le souvenir de cette lecture, c'est un morceau de parchemin que je vois, évoqué par les recherches d'Isobel et de Jennet, par les Bibles et opuscules de droit qui ont pesé sur la vie de tant de femmes innocentes. Plus sensuellement, il me revient aussi le toucher du papier dans l'édition du "Diable Vauvert" (je la préfère à la version poche car la charte graphique du "Diable" accompagne très bien le récit de James Morrow).

C'est pourquoi, aujourd'hui, je voulais attirer votre regard sur ce livre érudit, passionnant, aux personnages attachants; c'est un de mes romans préférés!

-Madame-

de James Morrow
aux éditions du Diable Vauvert
2003

mercredi 5 décembre 2007

Journal de Bord de Pythéas


Vous avez aimé Christophe Colomb, Marco Polo et Jacques Cartier, vous adorerez Pythéas. Pythéas est né à Massalia (Marseille) à l'époque d'Alexandre le Grand. C'est un grec. Il a été chargé de trouver une nouvelle route plus sûre que celles existantes pour approvisionner le pays en ambre et en étain (déjà le sempiternel problème des ressources minières). C'est son voyage que Ferdinand Lallemand nous présente comme un journal de bord retrouvé, vivant, vibrant et haletant. Il s'est servi du peu de traces qui nous restent sur Pythéas pour composer sa trame. Parmi ces documents, il y a les écrits de Strabon qui le traitait de menteur . "Menteur" car Pythéas a découvert le pays où la mer est de glace, où les nuits ne durent que 2 à 3 heures: Pythéas a découvert le royaume de Thulé. Quand il fera le récit de son voyage, il sera écouté comme on écoute un conteur, un affabulateur, avec incrédulité mais avec des étoiles dans les yeux; les étoiles des enfants qui aiment bien les histoires extraordinaires.
La lecture de ce journal de bord est une plongée passionnante dans l'histoire maritime, dans la découverte de nouveaux mondes. C'est une première approche qui met en appétit. Je signalerai donc quelques livres sur Pythéas (de timides tentatives de réhabilitation ayant eu lieu ces dernières années):
Barry Cunliffe, Marie-Geneviève l'Her, Pythéas le Grec découvre l'Europe du Nord, éd. Autrement, 2003
Thibaud Guyon, Jeanine Rey et Philippe Brochard, Pythéas l'explorateur : De Massalia au cercle polaire, éd. École des loisirs, 2001 (pour les plus jeunes)
Hugues Journès, Yvon Georgelin et Jean-Marie Gassend, Pythéas, explorateur et astronome, éd. de la Nerthe, 2000
Il existe également un site internet relativement exhaustif sur le sujet : http://marseille.pytheas.free.fr/

-Monsieur-

de Ferdinand Lallemand
éditions de Paris
1956
ouvrage épuisé mais facilement disponible chez les bouquinistes et sur internet.
Il existe une réédition aux éditions Jean-Claude Garçon.

mardi 4 décembre 2007

Rimbaud-Arthur.fr


Il ne faut pas chercher sur www.rimbaud-arthur.fr/ un site didactique mais un très bel hommage au poète, un voyage habilement destructuré. Inauguré en 2004, ce site n'a pas vieilli (ce qui est une prouesse). On pourra simplement regretter le temps de chargement (assez lourd) et l'accessibilité au fonds documentaire peu fonctionnelle. Cette commande publique a été décidée à l'occasion du 150ème anniversaire de Rimbaud pour redorer l'image de Charleville-Mézières et c'est une réussite. Nombre de régions et de municipalités devraient prendre exemple sur ce courage politique et oser innover de la sorte. La créativité exposée ici semble libérée de toute contrainte. Elle correspond magnifiquement à la vie d'Arthur Rimbaud.
C'est l'occasion rêvée de prendre un thé brûlant devant son écran froid et de voyager dans ce long poème entre cinéma et peinture, entre danse et musique. Laissons-nous bercer par la beauté des images. Laissons-nous envoûter par la voix chaude et profonde d'Arthur H. Prenons le temps...

-Monsieur-

CREATION :
Concept, design et développement : watoo
Voix : Arthur H
Scénariste : Cécile Faggiano
Graphisme : Diego Marini
Compositeur : Stéphane Scott
Artiste chorégraphique : Gaël Sesboüé
2004

lundi 3 décembre 2007

Un Secret


Philippe Grimbert, psychanalyste, raconte sa découverte d'un terrible secret de famille.
Enfant, il se découvre un demi-frère et une belle-mère raflés pendant la seconde guerre mondiale, dont toute la famille lui avait caché l'existence.
Après un début plutôt calme, un peu monotone, les révélations de sa voisine sur l'histoire de sa famille nous entrainent dans un récit haletant, dont on ne se décroche pas, et qui explique la longue introduction au texte.
Cette biographie nous présente l'importance des dégâts que peuvent entrainer les secrets de famille, tant pour les protagonistes que pour les personnes à qui sont cachés ces secrets.
J'avoue avoir versé ma petite larme à la fin de ce roman et regardé mon fils différemment, comme pour conjurer le sort de toutes ces personnes disparues dans des conditions atroces, laissant un énorme vide auprès de leurs proches.
Le film adapté du roman vient de sortir, ira-t-on le voir, Monsieur et moi? Je ne sais pas, peut-être pas tout de suite, j'ai trop peur d'être déçue et de perdre l'intensité du texte de Philippe Grimbert,qui en fait toute sa puissance...

-Madame-

de Philippe Grimbert
éditions Grasset
2004
(existe en éditions Livre de Poche depuis 2006)